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Les Miracles du bazar Namiya, Keigo Higashino : là où les temps se croisent

Avec Les Miracles du bazar Namiya, Keigo Higashino nous offre une belle excursion au cœur du fantastique. Un roman touchant et profondément humain qui s’impose par sa légèreté et sa profondeur.   

 

La vieille Crown ne démarre plus. Le temps presse. Et les trois délinquants que sont Shōta, Kōhei et Atsuya doivent de toute urgence se cacher pour éviter de croiser une âme insomniaque. Et ça tombe bien car, non loin de là, une vieille bicoque à l’abandon pourrait les accueillir pour la nuit…

C’est dans cette atmosphère particulière que commence le livre de Keigo Higashino, Les Miracles du bazar Namiya… au cœur de la nuit, là où tous les possibles se rencontrent et où le temps présent se confond avec le temps du passé. 

 

Le bazar Namiya

 

Sous l’aspect de conte ou de fable, nous découvrons le fabuleux pouvoir du bazar Namiya. Un endroit où, jadis, la boutique prodiguait des conseils à toute personne en faisant la demande par lettre. Aujourd’hui, malgré ses apparats d’abandon, le bazar vit toujours sous un rythme qui lui est propre : des lettres continuent d’arriver - venues d’un autre temps - et des réponses d’affluer - celles des trois délinquants venus se réfugier pour la nuit dans le bazar. 

Au cœur des tranches de vie nippones

 

L’écriture est simple, dénuée de fioritures, presque humble. Une parenthèse enchantée qui nous emporte dans un univers empreint de poésie, de douceur et d’humanité. Chaque lettre qui demande conseil vient à révéler les préoccupations quotidiennes des nippons à cette époque-là : la cellule familiale, la pression sociale, les rêves, les sacrifices, l’amour, le travail… 

La mécanique narrative est telle que le roman s’impose dans un système de poupée russe où chaque histoire s’imbrique les unes aux autres et chaque personnage se trouve connecté d’une manière ou d’une autre entre eux et au bazar. 

 

Un hommage à Yūji Namiya

 

J’ai lu quelque part que Keigo Higashino était un vrai magicien d’ambiance et je ne peux qu’abonder dans ce sens. Nous lisons chaque ligne, chaque histoire, chaque page avec nos sens en éveil, connectés à cette grande histoire que nous propose l’auteur. 

Ce livre paraît même être, en quelque sorte, un hommage pour le vieil homme qui tint la boutique jusqu’à sa mort, cherchant à prodiguer les conseils les plus justes : Yūji Namiya.

 

De ce livre, nous pouvons retenir une leçon qui - si elle n’est pas comprise par mes lignes - le sera à lecture du roman : si nous demandons conseil autour de nous, toujours être à l’écoute de nos propres tournures verbales, car dans notre langage personnel, nous avons déjà les réponses. 

 

Un roman magique d’une douceur infinie. 

ANA

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